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Tronçon T5-T7 (Conakry) : avant le goudron, les usagers exigent une solution au problème des eaux de ruissellement

Alors que la dégradation de la route reliant les routes transversales T5 et T7, dans le Grand Conakry, suscite de plus en plus de préoccupations, les usagers appellent les autorités à ne pas se limiter à la réfection de la chaussée. Pour eux, la priorité doit être accordée à la gestion des eaux de ruissellement, […]

Alors que la dégradation de la route reliant les routes transversales T5 et T7, dans le Grand Conakry, suscite de plus en plus de préoccupations, les usagers appellent les autorités à ne pas se limiter à la réfection de la chaussée. Pour eux, la priorité doit être accordée à la gestion des eaux de ruissellement, considérée comme l’une des principales causes de la dégradation de cet axe, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Nids-de-poule, eaux stagnantes, déchets charriés par les pluies et difficultés de circulation rythment le quotidien des personnes qui fréquentent le tronçon de T5 à T7. Une situation pénible pour les transporteurs et les taxi-motards qui empruntent cet axe chaque jour.

Membre de la section syndicale du transport et de la mécanique générale, relevant de la commune urbaine de Tombolia, Oumar Bailo Barry affirme que le problème est ancien et dépasse largement la simple dégradation du goudron. Selon lui, un tunnel qui permettait autrefois d’évacuer les eaux ne fonctionne plus depuis près de vingt ans.

Oumar Bailo Barry, membre de la section syndicale du transport et de la mécanique générale

« Ce tunnel permettait d’évacuer les eaux en quittant la gendarmerie pour traverser la route Le Prince. Sans la réhabilitation de ce système d’évacuation, quelle que soit la qualité du goudron qui sera posée ici, l’eau finira par l’emporter », explique-t-il.

Pour cet acteur du secteur des transports, refaire la route sans régler au préalable la question du drainage reviendrait à traiter uniquement les conséquences du problème.

Oumar Bailo Barry évoque également un autre point très préoccupant : les eaux de ruissellement provenant de la zone de Plaque 23. « Toutes les eaux de ruissellement qui se déversent sur les rails sont drainées jusqu’ici. Même si on rouvre le tunnel d’évacuation, cela ne suffira pas à résoudre complètement le problème. Il faut construire un autre passage sous les rails afin de permettre l’évacuation correcte des eaux », plaide-t-il.

À ses yeux, ces ouvrages sont indispensables pour protéger durablement la future chaussée. « Même si on ramène les meilleurs ingénieurs du monde pour réaliser cette route, s’ils ne prévoient pas un passage adéquat pour l’eau, le goudron sera forcément emporté par les eaux », prévient-il.

Les eaux charrient aussi les ordures

À la dégradation de la route s’ajoute le problème de l’insalubrité. Selon Oumar Bailo Barry, les eaux qui suivent les rails emportent les déchets abandonnés par certains citoyens et les déversent jusqu’au niveau du parc où travaillent les transporteurs. « Les eaux drainent toutes ces ordures jusqu’ici, où nous sommes installés sous les voitures de notre parc », déplore-t-il.

Pour maintenir les lieux propres, il affirme devoir engager régulièrement des dépenses sur ses propres moyens. « Personnellement, je suis obligé de payer des personnes pour venir nettoyer les lieux. Je leur donne parfois 200 000 francs guinéens ou davantage. Ensuite, je fais venir un camion chargé de l’évacuation des ordures, situé à Matoto, et je paie également cette prestation. Pour cela, je dépense environ 380 000 francs guinéens », témoigne-t-il.

Il affirme également avoir regroupé des déchets depuis plusieurs mois, mais avoir de grandes difficultés à les faire évacuer. « Nous souffrons énormément ».

Sur la chaussée, les conducteurs doivent, eux aussi, faire face à de nombreuses difficultés.

Mamadou Bhoye Barry, conducteur de taxi-moto

Mamadou Bhoye Barry, taxi-motard, dénonce les nids-de-poule qui parsèment la route entre T5 et T7. « Sur cette route entre T5 et T7, nous souffrons énormément, surtout lorsqu’il y a des trous. Ces trous endommagent nos pneus et nous causent beaucoup de fatigue », témoigne-t-il.

Pour lui, l’intervention des autorités devient urgente afin de soulager les usagers qui empruntent quotidiennement cet axe. « Nous demandons à l’État de venir en aide aux usagers en réparant cette route, car nous souffrons au quotidien », lance-t-il.

Une route à réhabiliter, mais surtout à protéger

Habitant de Wanindara depuis 1991, Oumar Bailo Barry dit avoir été témoin de nombreuses transformations dans cette zone. Il affirme avoir déjà alerté des responsables locaux sur les difficultés liées à l’évacuation des eaux et à l’insalubrité.

Pour les usagers, la solution doit donc être pensée en amont. Ils demandent aux autorités de prévoir des ouvrages de drainage suffisamment dimensionnés avant ou pendant la réhabilitation de la route. L’objectif est d’éviter que les investissements réalisés dans la réfection de la chaussée ne soient, une nouvelle fois, fragilisés ou détruits par les eaux.

Amadou Bailo Baldé pour Guineematin.com

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